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 Le management : art de gouverner ou idéologie du vide ?

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JLS11

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MessageSujet: Le management : art de gouverner ou idéologie du vide ?   Mer 9 Juin - 0:19

La gestion n'est pas un mal en soi . Il est tout à fait légitime d'organiser le monde , de rationaliser la production , de se préoccuper de rentabilité .
A condition que ces préoccupations améliorent les relations humaines et la vie sociale .
Or , chacun peut constater qu'une certaine forme, de gestion , celle qui présente comme " efficace " et " performante " , envahit la société et que , loin de rendre la vie plus facile , elle met le monde sous pression !
Un gestionnaire , actuellement , éprouve " certainement " ( caressons l'espoir qu'il subsiste un sentiment de culpabilité ! ) la contradiction entre l'éthique de la responsabilité ( gérer les moyens disponibles au mieux des attentes et des intérêts de chacun ) et l'éthique de la conviction ( créer les conditions idéales pour développer des connaissances sur l'Homme et la Société ).


Les caractéristiques du pouvoir managérial

Le management se présente comme l'art de gouverner les hommes et les choses .
Nous avons là une technologie politique .C'est-à-dire un ensemble de microdispositifs qui n'apparaissent pas comme le fruit d'une conception centralisée , d'un système de domination pré-établie , mais comme un ensemble disparate de technologies , de règlements , de procédures , d'aménagements et de discours qui émergent à un moment historique donné .bien que conçus dans des lieux différents et sans concertation , ces éléments sont porteurs de caractéristiques communes et d'une conception similaire de l'ordre social.
L'ordre industriel avait mis en place des organisations pyramidales et hiérarchiques dans lesquelles l'exercice du pouvoir s'effectuait selon des normes disciplinaires . Système d'organisation dont l'objectif principal est de " rendre les corps utiles et dociles " à travers un ensemble de dispositifs , de règlements , d'aménagements et de procédures . Cette figure du pouvoir disciplinaire va se retrouver dans des organisations aussi différentes que les maisons de détenus , les écoles , les asiles , les hôpitaux , les casernes , les couvents ou les ateliers d'usine .
Dans les entreprises hypermodernes , les organisations se développent selon un modèle dans lequel l'exercice du pouvoir s'effectue selon des modalités différentes . A l'heure de la " MONDIALISATION " et de la " MODERNISATION " , nous assistons à une remise en cause de la discipline comme mode de gestion des collectivités humaines au profit d'un nouveau modèle apparemment moins répressif mais insidieux , qui SOUMET les individus par des injonctions paradoxales.
Le management s'est massivement mis au service du capital , afin de justifier le pouvoir absolu du gestionnaire .
Sous une apparence objective , opératoire et pragmatique , la gestion managériale est une idéologie qui traduit les activités humaines en indicateurs de performance , et ces performances en coûts ou en bénéfices . En allant chercher du côté des sciences exactes une scientificité qu'elles n'ont pas pu conquérir par elles-mêmes , les sciences de la gestion servent en dédinitive de support au pouvoir managérial . Elles légitiment une pensée objectiviste , utilitariste , fonctionnaliste et positiviste . Elles construisent une représentation de l'humain comme une ressource au service de l'entreprise , contribuant ainsi à son instrumentalisation.


Du pouvoir disciplinaire au pouvoir managérial

La gestion managériale se présente comme un progrès notable face au caractère oppréssif et statique du système disciplinaire . Ses principales caractéristiques sont bien connues ; le primat des objectifs financiers , la production de l'adhésion , la mobilisation psychique . On attend des employés une implication subjective et affective . Cette implication est moins canalisée sur les personnes que sur l'organisation elle-même . C'est l'entreprise qui est " personnifiée " . Les employés attendent d'elle de la reconnaissance . Ils éprouvent pour elle des sentiments aussi intenses que la passion , la colère ou le dépit . La quête inassouvie de reconnaissance est l'expression d'un besoin de personnalisation face à des relations abstraites et chimériques . L'entreprise managériale est moins une " bureaucratie libérale " qu'un système " sociopsychique " de domination fondé sur un objectif de transformation de l'énergie psychique en force de travail . Pour canaliser cette énergie , le management met en oeuvre un certain nombre de principes en rupture avec le modèle disciplinaire .
L'entreprise de type taylorien est centrée sur la canalisation de l'activité phisique afin de rendre les corps utiles , dociles et productifs . Ce processus s'opère par le contrôle de l'emploi du temps ; par le quadrillage de l'espace ; par une machinerie de pouvoir qui canalise les corps pour les adapter à des objectifs de lutte ( l'armée ) ; de production ( l'usine ) , d'éducation ( l'école ) . Le pouvoir managérial se préoccupe moins de contrôler les corps que de transformer l'énergie libidinale en force de travail ; A l'économie du besoin s'oppose l'économie du désir exalté . On passe du contrôle tatillon des corps à la mobilisation psychique au service de l'entreprise . A la répression se substitue la séduction ; à l'imposition l'adhésion , à l'obéissance la reconnaissance .
Le travail est présenté comme une expérience intéressante ; enrichissante et stimulante .
Chaque travailleur doit se sentir responsable des résultats pour pouvoir développer ses compétences et ses talents ainsi que sa créativité .
L'essentiel n'est plus le respect des règles et des normes formelles ; mais l'émulation permanente pour réaliser les objectifs . La mobilisation personnelle devient une exigence .
Chacun doit être motivé pour remplir ses objectifs avec enthousiasme et détermination .
Le désir est sollicité en permanence ; désir de réussite ; besoin de reconnaissance ; goût du challenge ; récompense du mérite personnel .
Dans l'entreprise hiérarchique ; le désir était réprimé par un Surmoi sévère et vigilant . Dans l'entreprise managériale ; le désir est exhalté par un Idéal du Moi exigeant et gratifiant . Elle devient le lieu de l'accomplissement de soi-même ; et paradoxalement son asservissement .
La gestion managériale est un mélange de consignes rationnelles , de prescriptions précises , d'outils de mesure sophistiqués , de techniques d'évaluation objectives , mais aussi de consignes irrationnelles , de prescriptions irréalistes , de tableaux de bord inapplicables et de jugements arbitraires .
Derrière la rationnalité froide et " objective " des chiffres se dissimule un projet obsessionnel du chiffre qui fait perdre à ses acteurs le sens de la mesure.
Cette idéologie doit suciter des résistances malgré les désillusions qu'elle provoque ( il ne faut pas être fataliste face à ses effets néfastes , il faut les combattre ) .
L'idéologie gestionnaire vient remplir le vide éthique du capitalisme à partir du moment où celui-ci s'est dissossié de l'éthique protestante qui fondait sa légitimité .
Le pouvoir managérial se développe face au double mouvement d'abstraction et de déterritorialisation du capital , dont on ne sait plus très bien qui le possède .
Dans ce contexte ; les " affaires " se développent ; l'éthique de résultat se substitue à la morale , le projet capitaliste cherche en lui même sa propre finalité dans une machinerie autodestructrice qui n'a d'autre but que la culture du résultat .

Et il a le culot de se déresponsabiliser des conséquences de ses actes ; la preuve , on retrouve toujours les mêmes aux postes les plus importants !!
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JLS11

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MessageSujet: Re: Le management : art de gouverner ou idéologie du vide ?   Mer 16 Juin - 11:29

Mais parfois un petit nombre d ' entreprises sort du lot dont celle-ci : http://favi.com/index.php
Peut-être qu ' ici réside le mystère d ' un certain bonheur au travail : http://favi.com/managh.php et d ' une méthode d ' encadrement/rapport aux autres http://favi.com/managf.php

Sans oublier les certifications obtenues et qui pourraient me permettre d ' en parler dans le chapitre " écologie " : http://favi.com/certification.php
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